Ayant eu l'habitude depuis tout gamin de connaître en tant que passager puis conducteur, la circulation sur routes enneigées (principalement en Chartreuse et plus tard, sur la route Napoléon jusqu'à Corps), la 1ère fois où j'ai roulé sur la neige en Seine Maritime, j'ai halluciné... Quasiment personne ici ne sait conduire sur la neige (moi j'adore ça !). Ca se traîne à 10 à l'heure, ça freine n'importe comment (heureusement que l'ABS est généralisé), ça accélère à donf pour lancer la voiture (toutes n'ont pas encore l'ASR), ça donne des coups de volant brusques, etc... bref tout l'échantillon de ce qu'il ne faut pas faire y passe...
Dire qu'au début des années 80, je me tapais toutes les semaines en plein hiver un A/R Corps <=> Vienne, via la côte de Laffrey (ça, ça parle aux habitués

), avec une Opel Kadett 12s de 1978 (propulson, pont rigide, et lames de ressort). En roulant comme ici, je crois que je ne serais toujours pas arrivé 40 ans plus tard...
Cela étant, avec nos voiture modernes (ou avec certaines marques), on a perdu quelques facilités de pilotage. Probablement que les assistances à la conduite comme l'ESP font très bien le job, mais on ne "sent" plus la voiture. Le pire étant celles dépourvues de levier manuel de frein de parking (Mercedes, certaines Lexus), celles (rares) dont le frein de parking agit sur les roues avant, et enfin les autres fort nombreuses, équipées d'un frein de parking électrique.
Cette fameuse côte de Laffrey dont je parle plus haut, je la descendais dans le sens Corps => Grenoble, pratiquement toute en deuxième, au frein moteur aidé du frein à main. Pour conserver la direction en évitant le blocage des roues avant, je dosais le freinage et la remise en ligne à la main. Tout comme sur le plat, je redonnais de la motricité à la roue qui patinait en serrant très légèrement le frein (ça fait une sorte de différentiel à glissement limité "maison", mais ça marche !
J'en parlais avec Olivier l'autre jour : j'ai fait la montée Andorre la Vielle => Andorre Pas de la Case avec une saxo de location sur au moins 30 cm de neige fraîche, sans équipement (le naze de loueur à Toulouse n'avait pas enregistré ma demande). Pendant que les Mercos et les BM tortillaient du c.. et faisaient du sur-place, je grimpais, doucement, péniblement, mais je grimpais avec en tête un seul objectif : ne pas rater mon vol retour... J'ai failli magré tout rater ce vol car une fois arrivé au Pas de la Case, la route vers la Frence était fermée durant 2 heures, le temps de déclencher d'éventuelles avalanches
La seule fois où je me suis vautré sur de la neige avec une voiture, c'est en faisant l'imbécile sur un parking...
Avec une Opel Ascona 16 SR : concours de demi-tours au frein à main : facile !!!
Sauf que petit à petit le rythme augmentant le dernier demi-tour ne fut qu'un quart de tour... j'ai terminé un joli travers, la roue arrière droite en butée contre une bordure de trottoir...

Bilan : 1 jante alu + 1 fusée + 1 triangle...

(espèce de jeune con

)
En revanche là où je ne fais pas le main, c'est sur la pluie verglaçante : absolument aucun contrôle n'est possible : il n'y a qu'à attendre que la glissade se termine en croisant les doigts pour que ça se passe au mieux...
anecdote : Je pars pour une réunion à Besançon Chateaufarine (j'habitais Oberhausbergen près de Strasbourg). Autoroute salée, sèche ! RAS. La radio annonce la fin d'un épisode de pluie verglaçante localisée : je me dis "bah je vais en profiter pour faire une pause café"
En vue de la station, le route devient mouillée, mais rien de plus : je déboite à droite et lève le pied tranquillement (et heureusement).
Au moment où j'engage la bretelle de sortie, face à moi : un mirroir, une patinoire :100% de glace sur toute la chaussée
Ca va vite mais on a quand même le temps d'avoir une belle montée d'aldrénaline
Le bol est que cette bretelle n'est que très légèrement en courbe : je tiens le volant, ne touche pas aux freins, et... ça passe. Toujours sans freiner je rétrograde (ça va toujours très vite, trop vite... (peut-être 50 ou 60 Km/h). Le rétrogradage fait un peu partir la voiture du cul tellement il n'y a pas d'adhérence (Opel Kadett 2.0 GSI : traction avant, avec ABS).
Je tombe encore une vitesse (je suis maintemant en 2ème) et l'opération de rétrogradage commence à faire partir la voiture en toupie (la station se rapproche, certes moins vite, mais je la vois bien arriver...). 1er et seul coup de frein très bref (c'est extrêmement difficile de ne pas freiner ; presque contre nature). Rien n'y fait, probablement à cause de l'ABS, mais je ne suis plus en rotation mais de travers : ça glisse latéralement en crabe. Je ne contrôle toujours pas grand chose (en fait je ne contrôle rien du tout...

).
Et puis d'un coup la voiture s'immobilise : sous les roues plus de glace, mais de la flotte : les abords de la station ont été salés... Ouuuufffffffffffffff !!!!!! Entre le moment où j'ai enquillé la bretelle et l'arrêt complet, je ne sais pas combien de secondes se sont écoulées.. une quinzaine ? (très probablerment moins) : aucune idée en fait, mais j'ai eu la trouille de ma vie...
Depuis cet épisode, quand la pluie verglaçance est annoncée, je ne circule pas et j'interdis également à mon épouse de rouler : on ne peut strictement rien faire (c'est encore pire que le verglas qui lui bien que très dangereux, reste +/- localisé)