Ce 27 février 1997, la presse est conviée d'urgence dans un grand hôtel bruxellois. Michel de Virville, secrétaire général du Groupe Renault, fait tomber le couperet : "Renault a décidé d'arrêter cette année la production de l'usine de Renault Industrie Belgique".
La surprise est générale. Sonnés, les syndicats informent les plus de 3000 travailleurs du site de Vilvorde. Ils décident d'occuper l'usine, et confisquent les clés de milliers de véhicules Clio et Megane, prêts à la livraison. Le conflit va durer 5 mois, avec une journée de grève dans tous les sites européens de Renault. Des milliers de personnes défilent pour l'emploi, dans les rues de Bruxelles et de Paris.
Louis Schweitzer reste inflexible
Le bras de fer est dur, le Premier ministre de l'époque, Jean-Luc Dehaene, habitant de Vilvorde, met son poids dans la bataille, la Commission européenne aussi, mais rien n'y fait, Louis Schweitzer, PDG de Renault, reste inflexible.
L'usine ferme au mois de juillet 1997. Et le drame social laissera son nom à une loi, la Loi Renault, qui impose désormais une communication préalable, et un dialogue avec les travailleurs, lors d'un licenciement collectif.